Notes de Recherche > ARCHIVES > Notes de recherche > Notes de recherche 1 > 4. La fonction archivistique de diffusion au Québec > « Nous devons nous adapter au monde de 1982 »

« Nous devons nous adapter au monde de 1982 »


Il est à la fois facile et tentant, mais aussi nécessaire, de rappeler que nous devons nous adapter au monde de 1982 en acceptant, assimilant et adaptant les technologies nouvelles. Elles donnent à ceux et à celles qui les contrôlent un tel pouvoir qu’y renoncer serait nous condamner au sous-développement d’ici une génération1Argument repris par Jean-Pierre Wallot , lors du 12e Congrès international des archives à Montréal en 1992, dans son discours d’ouverture du séminaire précongrès.. Se priver d’informatique, de traitement de textes, de micro-image ou de télé-traitement, au cours des années qui viennent, équivaudrait à avoir laissé de côté le téléphone, la machine à écrire ou l’avion au cours du dernier demi-siècle. ( nous soulignons)

Le monde archivistique de 1982, c’est-à-dire le contexte dans lequel l’ouvrage Les archives au XXe siècle paraît, est grandement préoccupé par les débuts du développement des technologies de l’information ainsi que par l’approche orientée-usager qui en découle. Mais il l’est également par les aspects relatifs aux programmes publics, comme en témoigne la tenue à Nice du XXVe Congrès des Archives de France dont le thème portait sur « L’action culturelle dans les archives ».

Dans un des quatre rapports produits à partir des réponses obtenues faisant suite à la diffusion d’un questionnaire auprès des directeurs des services d’archives, Élizabeth Gautier-Desvaux souligne que :

D’ores et déjà, les rapports annuels d’activité des services attestent une grande diversité dans le domaine de l’activité culturelle (dont la matière se trouve d’ailleurs scindée en trois rubriques : « services éducatifs », « expositions » et « activités diverses »). Si les expositions y tiennent une grande part, elles se trouvent progressivement concurrencées par d’autres réalisations : audiovisuels, stages, conférences, émissions de radio et de télévision, etc.

Toutefois, d’emblée, Élizabeth Gautier-Desvaux tient à préciser que même si les archivistes « considèrent en effet la mission culturelle des archivistes comme implicite et la développent dans une pratique quasi quotidienne » , la plupart néanmoins « s’interrogent sur la finalité même d’une mission culturelle spécifique et préconisent, en cette période charnière, une réflexion tendant à cerner plus précisément la clientèle (actuelle et potentielle) des Archives, à en évaluer la demande, avant de mettre en œuvre des moyens d’intervention cohérents, tant humains que matériels. »

Il est intéressant de souligner l’une des craintes2Une autre crainte par rapport à l’action culturelle pourrait être celle liée à l’importance grandissante que prend la documentation à l’époque dans la mesure où « Comme fonction [la documentation] part de l’utilisation, alors que la fonction “archives” se fonde sur l’origine des documents. Elle se construit en raison de la “sortie” alors que les archives le font en raison de l’entrée. » exprimées par les archivistes quant à leur implication dans l’action culturelle. Dans la mesure où l’on définit « un dépôt d’archives avant tout comme un établissement de caractère scientifique chargé de fonctions administratives. »  :

Les archivistes ne se sentiront fondés à mener une action culturelle que pour autant qu’ils seront reconnus pour ce qu’ils sont : des scientifiques. Alors, ils sauront prouver, comme ils le font déjà, que science et animation peuvent être complémentaires, à condition qu’ainsi motivés et soutenus, ils obtiennent les moyens de l’action que l’on attend d’eux.

Voilà donc les lignes de force du monde archivistique de 1982 (Figure 7) dans lequel vient s’inscrire le chapitre sur la diffusion dans Les archives au XXe siècle.

Figure 7 : Les archives au XXe siècle et le monde archivistique de 1982.
Figure 7 : Les archives au XXe siècle et le monde archivistique de 1982.

  • 1
    Argument repris par Jean-Pierre Wallot , lors du 12e Congrès international des archives à Montréal en 1992, dans son discours d’ouverture du séminaire précongrès.
  • 2
    Une autre crainte par rapport à l’action culturelle pourrait être celle liée à l’importance grandissante que prend la documentation à l’époque dans la mesure où « Comme fonction [la documentation] part de l’utilisation, alors que la fonction “archives” se fonde sur l’origine des documents. Elle se construit en raison de la “sortie” alors que les archives le font en raison de l’entrée. »