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L’imagination comme seule limite


Si, comme le dit si bien Normand Charbonneau, « la seule limite à l’utilisation des archives est l’imagination des usagers »  ; si, dans les faits, elles sont utilisées de multiples façons, dans des contextes les plus divers et par des utilisateurs les plus variés, alors pourquoi aucune mention n’est faite à des utilisations autres qu’administrative, scientifique ou patrimoniale ? ; Pourquoi si peu d’attention est accordée parmi les utilisateurs aux artistes et aux créateurs dans différents domaines ? ; Pourquoi la dimension émotive et la fonction d’évocation des archives ne sont pas prises en considération ? Trop tôt me direz-vous. Il faudra effectivement attendre encore quelques années avant que de tels aspects apparaissent pertinents aux yeux des archivistes et qu’ils soient pris en considération dans leurs réflexions.

Mais l’absence d’intérêt demeure néanmoins significative. Pourquoi en est-il de la sorte ? Selon nous, une telle attitude découle d’une approche de l’archivistique qui, dans son désir d’être reconnue comme une discipline scientifique à part entière, est davantage axée sur la dimension utilitaire des archives et donc peu encline à accorder toute l’attention voulue aux autres utilités, utilisateurs et valeurs (symbolique, matérielle, émotive) en dehors de cette sphère. Or l’étendue de ce cadre de référence, c’est-à-dire « les champs référentiels qui servent généralement à justifier la conservation des archives, à savoir l’administration, la recherche et le patrimoine » , se doit d’être reconsidérée. « Bref, il apparaît plus que jamais nécessaire pour les archivistes d’inscrire leur pratique dans une réalité “plus grande, plus large, plus intense que celle de l’institution et de l’administration des archives elles-mêmes” ». ( , cité dans Lemay et Klein, 2016, p. 165) Sinon, pour reprendre les arguments maintes fois évoqués par les archivistes, le risque est grand d’être condamné au sous-développement et à l’ignorance.